Victor Hugo : il y a 150 ans la parution de "Les Misérables" (1862)

Publié le 16 Mai 2012

 

 

 

 

 

 

 

 MIDERABLES 

 

 

 

 

 

Les Misérables, une exposition à la Maison de Victor Hugo

 

 

EXPOSITION LES ARCS EN CIEL DU NOIR AU MUSEE VICTOR HUGO

 

 

DU 15 MARS AU 19 AOUT 2012

 

EXPOSITION SUR LE MANUSCRIT LES MISERABLES AU MUSEE VICTOR HUGO

 

 DU 15 MAI AU 30 SEPTEMBRE 2012.

 

Canalacademie

 

 

 

 

 

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Lecture/ Questionnaire

 

Condamné au bagne pour avoir volé un pain, Jean Valjean a purgé sa peine

et vient d'être libéré. Il s'arrête dans une auberge.

                              

« Pendant que le nouveau venu se chauffait, le dos tourné, le digne aubergiste Jacquin Labarre tira un crayon de sa poche, puis il déchira le coin d'un vieux journal qui traînait sur une petite table près de la fenêtre. Sur la marge blanche il écrivit une ligne ou deux, plia sans cacheter et remit ce chiffon de papier à un enfant qui paraissait lui servir tout à la fois de marmiton(1) et de laquais(2). L'aubergiste dit un mot à l'oreille du marmiton, et l'enfant partit en courant dans la direction de la mairie. Le voyageur n'avait rien vu de tout cela. Il demanda encore une fois : – Dîne-t-on bientôt ? – Tout à l'heure, dit l'hôte. L'enfant revint. Il rapportait le papier. L'hôte le déplia avec empressement, comme quelqu'un qui attend une réponse. Il parut lire attentivement, puis hocha la tête, et resta un moment pensif. Enfin il fit un pas vers le voyageur qui semblait plongé dans des réflexions peu sereines. – Monsieur, dit-il, je ne puis vous recevoir. L'homme se dressa à demi sur son séant. – Comment ! Avez-vous peur que je ne paye pas ? Voulez-vous que je paye d'avance ? J'ai de l'argent, vous dis-je. – Ce n'est pas cela. – Quoi donc ? – Vous avez de l'argent… – Oui, dit l'homme. – Et moi, dit l'hôte, je n'ai pas de chambre. L'homme reprit tranquillement : – Mettez-moi à l'écurie. – Je ne puis. – Pourquoi ? – Les chevaux prennent toute la place. – Eh bien, repartit l'homme, un coin dans le grenier. Une botte de paille. Nous verrons cela après dîner. – Je ne puis vous donner à dîner. Cette déclaration, faite d'un ton mesuré, mais ferme, parut grave à l'étranger. Il se leva. – Ah bah ! Mais je meurs de faim, moi. J'ai marché dès le soleil levé. J'ai fait douze lieues. Je paye. Je veux manger. – Je n'ai rien, dit l'hôte. L'homme éclata de rire et se tourna vers la cheminée et les fourneaux. – Rien ! Et tout cela ? – Tout cela m'est retenu. – Par qui ? – Par ces messieurs les rouliers. – Combien sont-ils ? – Douze. – Il y a là à manger pour vingt. – Ils ont tout retenu et tout payé d'avance. L'homme se rassit et dit sans hausser la voix : – Je suis à l'auberge, j'ai faim, et je reste. L'hôte alors se pencha à son oreille, et lui dit d'un accent qui le fit tressaillir : – Allez-vous-en. Le voyageur était courbé en cet instant et poussait quelques braises dans le feu avec le bout ferré de son bâton, il se retourna vivement, et, comme il ouvrait la bouche pour répliquer, l'hôte le regarda fixement et ajouta toujours à voix basse : – Tenez, assez de paroles comme cela. Voulez-vous que je vous dise votre nom ? Vous vous appelez Jean Valjean. Maintenant voulez-vous que je vous dise qui vous êtes ? En vous voyant entrer, je me suis douté de quelque chose, j'ai envoyé à la mairie, et voici ce qu'on m'a répondu. Savez-vous lire ? »

 

Victor Hugo, Les Misérables, (1862),

 

Questions

I. Un aubergiste singulier

1. 

a) Quelle est la valeur de l'imparfait de la première ligne et des passés simples entre le début du texte et « de la mairie. » ?

b) Sur quel personnage l'emploi de ces temps attire-t-il l'attention ?

2. 

a) Dans le reste du texte, quel nom reprend le terme d'« aubergiste » ?

b) Quelle qualité peut-on donc attendre du personnage ainsi désigné ?

3. 

a) De « – Et moi, dit l'hôte » à « toute la place. » : quelle forme de phrase l'aubergiste emploie-t-il le plus souvent ?

b) De « Cette déclaration » à la fin : relevez les trois expressions du texte qui caractérisent la manière dont l'aubergiste parle au voyageur.

4. En confrontant l'ensemble de vos réponses, dites si Jacquin Labarre vous semble vraiment être un « digne aubergiste. » Justifiez votre réponse.

II. Un voyageur indésirable

1. Quelles sont les raisons que donne le voyageur pour justifier sa présence à l'auberge ? Vous paraissent-elles justes ? Développez votre réponse.

2. « Je suis à l'auberge, j'ai faim, et je reste. ».
Quelle est la relation logique exprimée par la conjonction de coordination « et » ?

3. Dans la phrase : « Mais je meurs de faim, moi. », relevez le terme mis en relief et commentez l'effet produit.

4. En vous appuyant sur les réponses aux questions précédentes, qualifiez l'attitude du voyageur.

5. 

Dans l'ensemble du texte, relevez les noms et groupes nominaux utilisés pour désigner le « voyageur ».

a) Par le narrateur.

b) Par l'aubergiste.

c) En quoi la dernière désignation est-elle essentielle pour le « voyageur » ?

III. Le face-à-face

1. Quel est l'enjeu du débat pour chaque personnage ?

2. 

De « L'homme éclata de rire » à « tout payé d'avance » :

a) Jean Valjean se laisse-t-il faire par l'aubergiste ?

b) Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le type de phrase qu'il emploie le plus souvent.

3. Donnez l'infinitif, le mode et le temps de « Allez-vous-en ». En quoi cette phrase est-elle importante ?

4. En quoi les propos de l'aubergiste trahissent-ils sa mauvaise foi ?

 

 

 

 

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Commentaire : "Cosette et la poupée"

 

 

Au moment où Cosette sortit, son seau à la main, si morne et si accablée qu'elle fût, elle ne put s'empêcher de lever les yeux sur cette prodigieuse poupée, vers la dame, comme elle l'appelait. La pauvre enfant s'arrêta pétrifiée. Elle n'avait pas encore vu cette poupée de près. Toute cette boutique lui semblait un palais; cette poupée n'était pas une poupée, c'était une vision. C'étaient la joie, la splendeur, la richesse, le bonheur, qui apparaissaient dans une sorte de rayonnement chimérique à ce malheureux petit être englouti si profondément dans une misère funèbre et froide. Cosette mesurait avec cette sagacité naïve et triste de l'enfance l'abîme qui la séparait de cette poupée. Elle se disait qu'il fallait être reine ou au moins princesse pour avoir une “chose” comme cela. Elle considérait cette belle robe rose, ces beaux cheveux lisses, et elle pensait: Comme elle doit être heureuse, cette poupée-là! Ses yeux ne pouvaient se détacher de cette boutique fantastique. Plus elle regardait, plus elle s'éblouissait. Elle croyait voir le paradis. Il y avait d'autres poupées derrière la grande qui lui paraissaient des fées et des génies. Le marchand qui allait et venait au fond de sa baraque lui faisait un peu l'effet d'être le Père éternel. 

Dans cette adoration, elle oubliait tout, même la commission dont elle était chargée. Tout à coup, la voix rude de la Thénardier la rappela à la réalité: - Comment, péronnelle, tu n'es pas partie! Attends! je vais à toi! Je vous demande un peu ce qu'elle fait là! Petit monstre, va! 

La Thénardier avait jeté un coup d'oeil dans la rue et aperçu Cosette en extase. Cosette s'enfuit emportant son seau et faisant les plus grands pas qu'elle pouvait.

 

 

 

 

  Le film

 

 

 

 

  

 

 

Les Misérables youtube

 

 

Les Misérables, Tome 1, Livre II, Chapitre 11

 

 

 

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Rédigé par memoiresdeprof.over-blog.com

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