SALUTATI et ROUSSEAU : "Modernité de la pensée de l'Humanisme" de Elena Ghirimoldi et Alice Negrini (II D ESABAC )

Publié le 4 Mai 2013

 

 

 

 

 

 

 

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SALUTATI ET ROUSSEAU : MODERNITÉ DE LA PENSÉE DE L’HUMANISME.

 

Coluccio Salutati est né à Stignano, Valdinievole, près de Pistoia, en 1331. Il n’est pas un vrai humaniste, mais il occupe un rôle fondamental  dans la diffusion de la culture et de la pensée de ce nouveau mouvement culturel. Il est exilé avec sa famille à Bologna  et, ensuite, il se transfère à Florence en 1374. Ici, il devient chancelier et il prend partie à un des événements les plus importants pour la diffusion de l’humanisme. Il participe à la décision de la Marie  d’appeler à Florence le premier maître de Grec en Italie. Or, à l’époque les érudits connaissaient le Latin, mais pas le Grec et ils avaient besoin d’un  maître pour l’apprendre. Ainsi, les hommes découvrent les textes non  seulement de l’antiquité latine, mais aussi grecque, les « classiques » : ils les étudient et ils en font un modèle de perfection.  

Salutati  n’a jamais étudié le Grec, mais il a découvert beaucoup d’ œuvres de Cicéron et  le De Bello Gallico, qu’il attribue à César, tandis qu’ à l’époque on croyait qu’il avait été écrit par Cloro.

Il meurt à Florence en 1406.

Nous nous sommes concentrés surtout sur deux aspects de la pensée de Coluccio Salutati : sa réflexion sur la figure du tyran (en particulier dans le traité « De Tyranno » - 1400) et sur le rôle de l’intellectuel dans la vie politique, qui se traduit dans une réhabilitation de la vie active. Ces deux aspects, sont, selon nous, les plus importants et modernes de toute sa pensée, et ont été repris souvent.  En particulier, ils nous ont fait penser à une période, le Siècle des Lumières  (XVIII siècle). Parmi touts les philosophes de cet époque (Diderot, Voltaire, Montesquieu, Rousseau), nous avons choisi Rousseau qui, le premier, théorise la démocratie, et qui est donc très proches des  idéaux de Salutati.

Notre but est donc celui de mettre en évidence la modernité de la pensée de l’humanisme, son actualité et son importance dans l’histoire. Pour ce faire nous allons analyser un texte tiré d’une œuvre de Rousseau, « Émile ou de l’éducation ».

Sa vie (1712-1778) Jean-Jacques Rousseau naît à Genève en 1712. Il perd sa mère à la naissance et passe son enfance dans la protestante ville de Genève entre son père et un pasteur. Mis en apprentissage, il s'enfuit: il a seulement seize ans. En Savoie, il est recueilli par Madame de Warens, qui est pieuse et qui envoie Rousseau à Turin pour se convertir au catholicisme. Mais il reprend la route, fait tous les métiers pour vivre, et finalement il retourne aux Charmettes, auprès de Madame de Warens qu'il appelle Maman. Après  quelques années de bonheur, amitiés, lectures et musique, il choisit de nouveau le voyage  parce qu'un rival l'a supplanté. Donc il passe une jeunesse vagabonde toujours à la recherche de la stabilité et de la sûreté, mais selon nous  il cherchait la figure de la mère, qui est comme une ancre. Rousseau arrive à Paris en 1742, là il mène une vie misérable; puis il s'éprend d'une jeune lingère qui lui donne cinq enfants, qui seront tous placés aux enfants trouvés. Il continue de travailler en philosophe sur la  société et il comprend que la civilisation a corrompu les mœurs. Il souhaite participer à un concours avec le  Discours sur les sciences et les arts en 1750 et devient  célèbre. Pour mettre sa vie en accord avec ses principes, Rousseau se reconvertit à l'austérité du protestantisme. Invité à l'Hermitage, la maison de villégiature de sa protectrice Madame d'Epinay au nord de Paris, Rousseau retrouve le calme et la paix de la campagne. Là il écrit beaucoup en particulier l'Émile de 1762 et le Contrat social de 1762. Mais son caractère devient de plus en plus sombre  et il se brouille avec presque tous ses amis: Diderot, d'Alembert, Grimm. L'Émile est condamné et Rousseau s'enfuit. Il retourne à Genève, mais l'Émile et le Contrat social sont brûlés. Il se réfugie alors près de Neuchâtel, mais les habitants le chassent à coups de pierre. Il part en Angleterre, mais il se dispute avec le philosophe Hume. Il revient à Paris, seul et pauvre, où il meurt  en 1778. En 1794 ses cendres sont transportées triomphalement au Panthéon.

L'influence de Rousseau

On doit reconnaître aujourd'hui que l'influence de Rousseau a été fondamentale en politique aussi bien qu'en littérature.

En politique, Rousseau a préparé à travers son œuvre la Révolution française, dont les  chefs comme Robespierre ou Marat se sont nourris de ses œuvres. En plus dans le Contrat social il a jeté les bases du socialisme du siècle suivant.

En littérature, la contemplation de soi dans Rousseau juge de Jean-Jacques le conduit à être proche de la nature, source d'apaisement, pour le corps et l'esprit. Par ces sentiments Rousseau a donné une âme a la littérature intellectuelle et peu poétique du XVIIIe siècle et il a préparé le Romantisme (Nouvelle Héloïse).

 

ÉMILE OU DE L’ÉDUCATION

« Heureux celui qui sait quitter alors l'état qui le quitte, et rester homme en dépit du sort ! Qu'on loue tant qu'on voudra ce roi vaincu qui veut s'enterrer en furieux sous les débris de son trône; moi je le méprise; je vois qu'il n'existe que par sa couronne, et qu'il n'est rien du tout s'il n'est roi : mais celui qui la perd et s'en passe est alors au-dessus d'elle. Du rang de roi, qu'un lâche, un méchant, un fou peut remplir comme un autre, il monte à l'état d'homme, que si peu d'hommes savent remplir. Alors il triomphe de la fortune, il la brave; il ne doit rien qu'à lui seul; et, quand il ne lui reste à montrer que lui, il n'est point nul; il est quelque chose […] L'homme et le citoyen, quel qu'il soit, n'a d'autre bien à mettre dans la société que lui-même; tous ses autres biens y sont malgré lui; et quand un homme est riche, ou il ne jouit pas de sa richesse, ou le public en jouit aussi. Dans le premier cas il vole aux autres ce dont il se prive; et dans le second, il ne leur donne rien. […]Hors de la société, l'homme isolé, ne devant rien à personne, a droit de vivre comme il lui plaît; mais dans la société, où il vit nécessairement aux dépens des autres, il leur doit en travail le prix de son entretien; cela est sans exception. Travailler est donc un devoir indispensable à l'homme social. Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon".

Dans son traité, le « De Tyranno » Coluccio Salutati réfléchit sur la figure de César pour établir s’il a été, ou pas, un tyran. Il écrit son œuvre en réponse à un élève qui lui demande pourquoi Dante a choisi de condamner Bruto e Cassio, qui ont tué César, un tyran, et qui ont, donc, amené la paix et la justice à Rome. Salutati essaie de démontrer son innocence. Il traduit Cicéron, qui écrit : Vedemmo compiuta la tua vittoria con la fine delle battaglie, non vedemmo in Roma una sola spada senza guaina. Quei cittadini, che abbiamo perduto, li abbattè la forza di Marte, non la collera della vittoria: sicchè nessuno dubiti che, anzi, moltissimi, se fosse stato possibile, C. Cesare avrebbe richiamati in vita, giacchè di quello stesso esercito conserva tutti quelli che può salvare”. Salutati répond à cette affirmation en demandant “E chi crederà che questa condotta, questi sentimenti, queste imprese possano chiamarsi tirannide?”     Il affirme que le grand dictateur n’a jamais profité de son pouvoir, et il a aussi amené la paix en Rome, donc il ne peut pas être considéré un tyran. Au contraire, Bruto et Cassio, qui l’ont tué et ont provoqué une nouvelle guerre civile, sont coupables et ils doivent être punis. En effet, selon Salutati, eux , comme aussi beaucoup d’ hommes de l’époque, comme Cicéron, n’ont pas compris que pour Rome le temps de la République est terminé, et que la ville est prête pour être gouvernée par un seul homme.

Rousseau prend la même position : il faut qu’un roi sache comprendre que le temps de la Monarchie est terminé, et il faut qu’il sache renoncer à son pouvoir pour le bien de l’État. Le bon citoyen, selon Salutati, et le bon roi, selon Rousseau, sont ceux qui savent reconnaître les changements de l’histoire et renoncer à leur pouvoir pour un bien supérieur, le bien de l’État. Ce faisant, ils sont au dessus de leur pouvoir : ils sont des hommes.

«  Du rang de roi, qu'un lâche, un méchant, un fou peut remplir comme un autre, il monte à l'état d'homme, que si peu d'hommes savent remplir. Alors il triomphe de la fortune, il la brave; il ne doit rien qu'à lui seul; et, quand il ne lui reste à montrer que lui, il n'est point nul; il est quelque chose. »

Il faut remarquer, d’abord, une différence entre l’époque de Rousseau et l’époque de Salutati. Pour ce dernier, en effet, celui qui a le pouvoir (en Italie au XV siècle, le Seigneur) s’impose avec la force : il doit être fort et avoir de l’argent suffisant pour protéger les citoyens de sa ville et pour se défendre des attaques des ennemis. Pour Rousseau, quiconque peut devenir roi, un lâche, un méchant, un fou. Mais en renonçant à son pouvoir, le roi devient un homme, il perd son pouvoir mais il gagne sa dignité. Donc, quand l’histoire le demande, pour devenir ou rester des  hommes, il faut savoir renoncer. Mais  pas renoncer à tout. Dans la  situation politique actuelle  il y a aussi des gens qui renoncent : les uns se suicident, et décident de renoncer à la vie; les autres se retirent de la politique, et décident de renoncer à leur  devoir et à leur  passion; les autres décident de ne pas voter, en renonçant à un droit. Rousseau nous dit qu’il ne faut pas renoncer à cela : quand l’histoire le demande, il faut renoncer à ses privilèges et non à ses droits. Le vrai homme est celui qui sait devenir citoyen après avoir été roi, Il est celui qui abandonne son pouvoir pour un bien plus grand. Rousseau et Salutati nous indiquent un chemin , qui n’est pas  facile, parce quece n’est pas facile de vivre dans un État qui nous quitte. Mais il faut savoir le quitter, pour être heureux, pour être des hommes.      

« L'homme et le citoyen, quel qu'il soit, n'a d'autre bien à mettre dans la société que lui-même » Rousseau nous explique  que l'homme doit être à disposition de la société, dans la société même pour la servir.

« tous ses autres biens y sont malgré lui; et quand un homme est riche, ou il ne jouit pas de sa richesse, ou le public en jouit aussi. Dans le premier cas il vole aux autres ce dont il se prive; et dans le second, il ne leur donne rien ».

Par ces mots  Rousseau présente l'homme comme un soldat de l'armée hoplitique, où chacun doit protéger avec le bouclier non seulement soi-même mais aussi son camarade, parce que il est fondamental pour l'armée exactement comme chaque soldat. Dans la conception grecque des hoplites la multitude fait l'unité et sa force. En plus Rousseau introduit son point de vue sur la richesse  qui ne doit pas se montrer comme un trophée, mais que l’on  doit rendre disponible à la communauté entière

«  […] Hors de la société, l'homme isolé, ne devant rien à personne, a droit de vivre comme il lui plaît; mais dans la société, où il vit nécessairement aux dépens des autres, il leur doit en travail le prix de son entretien; cela est sans exception. Travailler est donc un devoir indispensable à l'homme social »

Rousseau récupère la conception d’ Aristote qui soutenait que l'homme est un animal social, parce  que dès la préhistoire l'homme a crée une société (clan, famille) des plus simples aux plus complexes    et reprend aussi Socrate et sa devise «connais toi-même comme homme parmi  les autres hommes», qui est composé de deux cola (partie de phrases, hémisphère):

connais toi-même, qui signifie que nous devons pénétrer, connaître, enquêter sur nous-mêmes

comme homme parmi  les autres hommes,qui signifie que nous devons dialoguer et vivre avec les autres, parce que  c'est l'unique possibilité de nous connaître vraiment.

En plus « entretien » dans cette phrase peut avoir plusieurs  significations : conversation ou entrevue, subsistance, soin : cela indique qu’il faut  parler, dialoguer pour soutenir un vie digne d'être vécue et grâce à cela ce  travail sur soi  va améliorer chaque individu.

« Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon »

Dans cette dernière phrase Rousseau introduit un des principes qui ont inspiré la Révolution, à savoir l'égalité, parce qu'il invite tous les hommes à être actifs, qui est tout à fait la pensée de Coluccio Salutati, et à travailler pour l'Etat pour n'être pas des obstacles.

 

ELENA GHIRIMOLDI ET ALICE NEGRINI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rédigé par memoiresdeprof.over-blog.com

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