La naissance du roman au XVIIIe siècle: Lettres persanes (Montesquieu), Candide (Voltaire), La Religieuse (Diderot), Julie ou La Nouvelle Héloïse (Rousseau), Manon (Abbé Prévost - Puccini)

Publié le 21 Mai 2011

 

 

MANON-LESCAUT.jpg

 

Manon Lescaut (1731) L'Abbé Prévost

 

Manon Puccini

 

 

http://culturebox.france3.fr/all/15133/manon-lescaut-de-puccini-a-l_opera-de-nice/#/all/15133/manon-lescaut-de-puccini-a-l_opera-de-nice

 

 

Manon Maria Callas

http://www.youtube.com/watch?v=s1icf8t6hss

 

 

 

 

 

Rica Rica à Ibben, à Smirne

    Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance. Lorsque j'arrivai, je fus regardé comme si j'avais été envoyé du ciel: vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres; si j'étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi; les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel nuancé de mille couleurs, qui m'entourait. Si j'étais aux spectacles, je voyais aussitôt cent lorgnettes dressées           contre  ma figure: enfin jamais homme n'a tant été vu que moi. Je souriais quelquefois d'entendre des gens qui n'étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui disaient entre eux: Il faut avouer qu'il a l'air bien persan. Chose admirable! Je trouvais de mes portraits partout; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tant on craignait de ne m'avoir pas assez vu.                                                                                                                                                 Tant d'honneurs ne laissent pas d'être à la charge: je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare; et quoique j'aie très bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d'une grande ville où je n'étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l'habit persan, et à en endosser un à l'européenne, pour voir s'il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d'admirable. Cet essai me fit connaître ce que je valais réellement. Libre de tous les                      

ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste. J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur, qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publique; car j'entrai tout à coup dans un néant affreux. Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu'on m'eût regardé, et qu'on m'eût mis en occasion d'ouvrir la bouche; mais, si quelqu'un par hasard apprenait à la compagnie que j'étais Persan, j'entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement: " Ah! ah! monsieur        

est Persan? C'est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être Persan? "

Montesquieu, Lettres persanes A Paris, le 6 de la lune de Chalval, 1712  

 

     Montesquieu, issu d'une grande famille de parlementaires bordelais, a passé une grande partie de sa vie à fréquenter les salons parisiens.. Les philosophes du 18ème siècle reconnaissent en Montesquieu leur précurseur ; ses idées inspirent leur combat. Il a défendu la conquête de la raison, de l'esprit de tolérance et, en politique, la séparation des pouvoirs. Les lettres Persanes ont été publiées anonymement en 1721 à Amsterdam. Il s'agit d'un roman épistolaire qui présente la correspondance de deux Persans et leurs compatriotes restés en Perse. Ils font part de leurs étonnements devant le comportement des Parisiens et devant leurs découvertes.  A travers le genre épistolaire et le thème du regard, ce texte propose une réflexion philosophique.

http://www.bacdefrancais.net/biomontesquieu.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque.
Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin ; il était en cendres : c'était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d'autres, à demi brûlées, criaient qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.
Candide s'enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares, et des héros abares l'avaient traité de même. Candide, toujours marchant sur des membres palpitants ou à travers des ruines, arriva enfin hors du th tre de la guerre, portant quelques petites provisions dans son bissac, et n'oubliant jamais Mlle Cunégonde. Ses provisions lui manquèrent quand il fut en Hollande ; mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là, et qu'on y était chrétien, il ne douta pas qu'on ne le traitât aussi bien qu'il l'avait été dans le château de monsieur le baron avant qu'il en eût été chassé pour les beaux yeux de Mlle Cunégonde.

Voltaire, Candide  chapitre 3, 1759

 

 

Critique très virulente de Voltaire contre l'horreur de la guerre et l'optimisme de Leibniz.
guerres condamnées : guerres de conquêtes. Cette condamnation s'inscrit dans le combat des philosophes pour construire une société plus humaine et civilisée  l'art du conteur présente comme un spectacle plaisant une réalité qui ne l'est pas => ironie celle-ci s'efface face à un spectacle  horrible, mais le ton reste très sobre.

 

 

  La portée philosophique de Candide

 

                                 Sans doute Voltaire est l’un des auteurs français qui ont le mieux exploité ce genre littéraire : le conte. Il a investi ce type d’écriture d’un ensemble de procédés littéraires, pour permettre au lecteur de bien appréhender le sens. Comme tous le contes Voltairiens, Candide en tant que conte, revêt une importance capitale, non pas seulement parce qu’il contribue à comprendre des thèmes comme l’optimisme et l’ironie ; mais aussi, et surtout, parce qu’il participe à décrypter la portée philosophique du conte afin de saisir le duel entre notre auteur, en question, et son rival Leibniz.

 

Les grands thèmes

http://www.bacdefrancais.net/candide-theme.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Religieuse , (Suzanne Simonin)

Lorsque, en 1760, Diderot commence la Religieuse, roman sous forme de mémoires rédigés à la première personne, qu’une religieuse échappée du couvent adresse au marquis de Croismare pour solliciter son aide, il s’agit en fait d’une mystification de ses amis qui voulaient attirer de nouveau à Paris le marquis qui s’était retiré chez lui en Normandie. En 1780, Diderot en reprend l’écriture ; les différents épisodes sont publiés en feuilleton, entre 1780 et 1782, dans la Correspondance littéraire. Le roman fut édité en 1796, au gré de la découverte de copies que Diderot, échaudé par ses ennuis passés, n’envisageait pas de publier de son vivant.

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Religieuse

 

Suzanne, une des trois filles de la famille Simonin, est rejetée par ses parents : sans doute est-elle le fruit d'un adultère. Voyant que le promis de sa soeur aînée s'intéresse à elle, car elle est belle et spirituelle, contrairement à ses deux soeurs, elle l'avoue à sa mère qui la place dans un couvent. Une fois ses deux soeurs mariées, elle espère en sortir, mais ses parents décident de lui faire prendre le voile. Malgré ses réticences, en proie aux conseils insidieux de la mère supérieure, elle accepte de devenir novice. Vient le moment de confirmer ses voeux. Pour s'attacher un protecteur, le marquis de Croismare, elle entreprend ses mémoires

 

Début du roman

La réponse de M. Le marquis de Croismare, s’il m’en fait une, me fournira les premières lignes de ce récit. Avant que de lui écrire, j’ai voulu le connaître. C’est un homme du monde, il s’est illustré au service ; il est âgé, il a été marié ; il a une fille et deux fils qu’il aime et dont il est chéri. Il a de la naissance, des lumières, de l’esprit, de la gaieté, du goût pour les beaux-arts, et surtout de l’originalité. On m’a fait l’éloge de sa sensibilité, de son honneur et de sa probité ; et j’ai jugé par le vif intérêt qu’il a pris à mon affaire, et par tout ce qu’on m’en a dit, que je ne m’étais point compromise en m’adressant à lui : mais il n’est pas à présumer qu’il se détermine à changer mon sort sans savoir qui je suis, et c’est ce motif qui me résout à vaincre mon amour-propre et ma répugnance, en entreprenant ces mémoires, où je peins une partie de mes malheurs, sans talent et sans art, avec la naïveté d’une enfant de mon âge et la franchise de mon caractère.

Diderot,  La Religieuse (1760 - 1781, éd. 1796+)

 

 

DIDEROT et LA RELIGIEUSE  -   JEU ET MYSTIFICATION

L'oeuvre est à l'origine une plaisanterie du petit groupe de Mme d'Epinay, certes spirituelle, mais aussi cruelle.
Le marquis de Croismare admis au sein du clan est fort apprécié pour sa candeur et son esprit de justice. En 1758 il est contraint de retourner sur ses terres de Normandie pour régler quelques affaires.
Au bout de quinze mois d'absence, Diderot et le clan d'Epinay regrettent leur charmant compagnon et décident de le faire revenir. Ils montent alors une tragique histoire, qui repose sur des faits authentiques, connus d'ailleurs du bon marquis.
Le marquis était intervenu dans un procès intenté par une certaine Marguerite Delamarre, cloîtrée contre son gré, qui avait perdu son procès. Le clan décide alors de faire croire au marquis que Marguerite s'est enfuie.
Diderot est chargé de composer une correspondance fictive : il compose les lettres de Marguerite et de la femme qui l'a recueillie, Mme Madin. Le Marquis propose un emploi de femme de chambre à Marguerite et le clan est alors obligé de faire mourir Marguerite pour éviter que le brave marquis ne découvre la supercherie. Il ne l'apprendra que 10 ans plus tard de la bouche de Grimm.

 

 

 

 

 

Julie ou La Nouvelle Héloïse

Les personnages

Saint Preux
Saint Preux (pseudonyme trouvé par Julie et Claire - son vrai nom n'apparaît jamais dans le roman) est un jeune roturier chargé par Madame d'Etanges au début du roman de l'éducation de sa fille Julie. Cependant, il tombera amoureux de son élève mais fera tout pour garder leur passion pure et vertueuse. Dans ses lettres, il se révèlera être un fin philosophe et un habile sociologue bien qu'assez fragile émotionnellement.

Julie D'Etanges
Julie D'Etanges est une jeune noble, fille de M. le baron D'Etanges. Inséparable de sa cousine Claire avec qui elle a été élevée par la " Chaillot ", elle est très pieuse et essaye de guider ses actes par la Vertu, la Raison et l'Honnêteté. Amoureuse de son précepteur, elle aura une liaison avec lui à laquelle elle mettra fin par son mariage avec M. De Wolmar, dicté par ses principes qui prônent notamment l'obéissance filiale - en effet M. De Wolmar est un vieil ami de M. D'Etanges à qui il avait promis sa fille par reconnaissance. Cette union fondée sur l'Estime et la Raison lui donnera deux fils (Marcellin), mais elle ne détruira pas son amour pour Saint Preux, elle le sublimera, au contraire.

 

 

Le couple Julie - Saint Preux : Passion et Vertu

   Le lien entre Julie et Saint Preux est présenté dès le sous-titre de ce roman : Lettres de deux amans habitans d'une petite Ville au pied des Alpes. Cependant, nous nous apercevons au fil du texte qu'ils semblent instaurer dans leur relation un lien indissoluble entre la Passion et la Vertu.
   Rousseau exalte la passion et en montre le caractère irrésistible chez ces deux personnages : L'amour véritable est un feu dévorant qui porte son ardeur dans les autres sentiments… C'est pour cela qu'on a dit que l'amour faisait des héros. Il peint leurs transports, leurs peines cruelles, leurs joies et leurs faiblesses d'une manière remarquable, à tel point qu'on a pu qualifier cette œuvre de véritable " hymne à l'amour ".
   

 La philosophie de Rousseau

   Rousseau a composé La Nouvelle Héloïse alors qu'il travaillait également sur d'autres œuvres comme notamment la Lettre à D'Alembert ( publiée en 1758), Du Contrat Social ou l'Emile (1762). Nous pouvons ainsi retrouver les principales idées de ces ouvrages esquissées dans ce livre dont le type (le roman épistolaire) permet les dissertations morales sur les sujets les plus divers, de l'éducation jusqu'au suicide. Ce livre apparaît donc comme une somme des idées, sentiments et rêves de Rousseau exprimés en polyphonie par les personnages - dont Saint Preux qui apparaît dès lors comme son double. Cependant la richesse de ce livre réside dans l'alternance des points de vue des personnages sur un même sujet : Rousseau se plait à peindre parfois des opinions discordantes comme il le fera plus tard dans l'Emile en faisant parler ses détracteurs ou dans la préface même de ce livre : Entretien sur les Romans, dialogue entre Rousseau et un lecteur détracteur de ce livre.
   Par l'intermédiaire des personnages, Rousseau expose ses jugements sur le théâtre et les arts, la société - frivole et corruptrice même du plus droit des hommes, comme le montreront les mésaventures de Saint Preux : A vingt et un an, vous m'écriviez du Valais des descriptions graves et judicieuses; à vingt cinq vous m'envoyez de Paris des colifichets de lettres, où le sens et la raison sont partout sacrifiées à un certain tour plaisant - les idées religieuses qui annoncent La Profession de foi du Vicaire savoyard. Ce livre est également le lieu de réalisation des concepts rousseauistes sur l'éducation (au sujet des enfants de Julie) ainsi que sur une société idéale ayant pour modèle le système instauré à Clarens par M. de Wolmar (dont la volonté d'isolement par rapport au reste de la société jugée corruptrice rappelle fortement sa théorie du bon sauvage).
   Ainsi plus qu'une simple histoire d'amour, ce livre est en fait un recueil des pensées, concepts et théories philosophiques de Rousseau qu'il développera ensuite dans des œuvres qui l'ont rendu célèbre

 

 

La Nouvelle Héloïse est une œuvre exemplaire. Précurseur d'un nouveau style, le romantisme, elle aura des répercussions énormes sur son époque comme le prouvera son succès considérable (entre 1761 et 1800, elle ne comptera pas moins de soixante douze éditions). En effet bien que Rousseau et la plupart de ses contemporains jugent les romans comme des livres efféminés qui respir[ent] l'amour et la mollesse, il a réussi à en faire un livre utile et moral, prêchant - entre autres - les bonnes mœurs, la vertu ainsi que ses concepts majeurs, notamment sur l'éducation.

http://bacfrancais.chez.com/eloise.html

 

 

 

 

 

 

Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut (1731) L'Abbé Prévost

La structure de Manon Lescaut satisfait au goût du temps pour le roman à tiroirs mais correspond aussi à l'organisation générale des Mémoires et Aventures d'un homme de qualité qui s'est retiré du monde, dont ce récit est le septième tome. Le narrateur (le marquis de Renoncour) y est un homme d'un certain âge qui, évoquant l'histoire de sa vie, laisse parfois la parole aux personnages qu'il rencontre, ceux-ci devenant dès lors les narrateurs de leurs aventures. Tel est le cas de l'Histoire du Chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut : après une brève entrée en matière où l'homme de qualité présente les circonstances de sa double rencontre avec Des Grieux, celui-ci prend la parole et ne s'interrompra que pour une "seconde partie" qui répond surtout à un souci de vraisemblance (Le chevalier Des Grieux ayant employé plus d'une heure à ce récit, je le priai de prendre un peu de relâche, et de nous tenir compagnie à souper. Notre attention lui fit juger que nous l'avions écouté avec plaisir. Il nous assura que nous trouverions quelque chose encore de plus intéressant dans la suite de son histoire, et lorsque nous eûmes fini de souper, il continua dans ces termes.)

http://www.site-magister.com/manon.htm

Première rencontre

J'avais marqué le temps de mon départ d'Amiens. Hélas ! que ne le marquais-je un jour plus tôt ! j'aurais porté chez mon père toute mon innocence. La veille même de celui que je devais quitter cette ville, étant à me promener avec mon ami, qui s'appelait Tiberge, nous vîmes arriver le coche d'Arras, et nous le suivîmes jusqu'à l'hôtellerie où ces voitures descendent. Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité. Il en sortit quelques femmes, qui se retirèrent aussitôt. Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport. J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon cœur. Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon cœur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens.

Extrait de la première partie de Manon Lescaut - L'abbé Prévost

 

http://www.bacdefrancais.net/manon-lescaut-rencontre.php

 

Rédigé par memoiresdeprof.over-blog.com

Publié dans #Littérature

Repost 0
Commenter cet article