CINEFORUM cinéma et littérature: Le Gone du Chaâba

Publié le 22 Janvier 2011

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Le Gone du Chaâba (1998),  d’après le roman de Azouz Begag (1986)

(Grand Prix Festival de Cannes Junior 1997)

Réalisé par Christophe Ruggia,

Avec Bouzid Negnoug, Nabil Ghalem, Galamelah Laggra,

(drame), durée 1h. 36 min., le jeudi 27 janvier  2011  

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=13083.html  

 

L'histoire « Le gone du Chaâba » commence en 1965, trois ans après l'indépendance de l'Algérie. Omar, agé de neuf ans et né en France, est le protagoniste touchant du film et lui donne son authenticité. Avec ses parents, des immigrés d'Algérie, ses frères et ses soeurs et une vingtaine d'autres familles immigrées algériennes, il habite auprès de la banlieue lyonnaise, dans un petit bidonville, appelé le « Chaâba ». Le Chaâba, ce petit bout de terrain n'est que des baraques en planches et en tôles ondulées qui entourent la maison du père d'Omar. La plupart des familles se sont enfuites de la pauvreté et de la guerre pour trouver en France la prospérité et la liberté.

Au Chaâba, la vie suit les règles et le rythme que les adultes ont connus dans leur pays d'origine : les familles se respectent et sont solidaires, les femmes bavardent et se battent pour l'eau autour de la pompe manuelle, les pères boivent leur café le soir après le travail et les « gones » (les gamins dans le patois lyonnais) courent avec les copains dans les champs aux alentours et font des bêtises.

Mais la vie au Chaâba a aussi des couleurs de misère. Il n'y a ni électricité, ni eau courante ni canalisation et les rues sont pleines de boue.

Les parents d'Omar, qui sont tous les deux analphabètes accordent beaucoup d'importance à la réussite scolaire de leur fils car elle est la clé de l'intégration des générations futures.

Bouzid, le père d'Omar, un simple travailleur dans les chantiers, encourage son fils à réussir dans la vie, à être meilleur que les Francais. Il est très fier de son fils préféré et lui offre des livres à toute occasion.

Moustaf par contre, le frère aîné d'Azouz ne sait ni lire ni écrire. 

C'est comme Moustaf, qui est l'exemple d'une intégration difficile, que se sentent aussi la plupart des habitants du Chaâba suite aux multiples causes : l'absence de confrontation avec la société française, l'ignorance de la langue française et des prejugés importés déjà de l'Algérie et surtout, une manque de confiance en eux -mêmes.

Aux abords du bidonville se trouve une décharge où les enfants attendent l'arrivée des camions-poubelles en espérant d'y trouver des choses  utiles. C'est là qu'un jour, Omar trouve un dictionnaire de français. Ce dictionnaire le passionne et lui ouvre les portes de la culture française qu'il découvre et s'approprie. Même son professeur voit en lui la chance d'une bonne intégration à la société française et l'encourage à bien travailler pour l'école. 

Mais son intelligence et son désir de savoir attirent la jalousie de ses camarades arabes de classe qui ne sont pas aussi favorisés qu'Azouz et qui sont persuadés que le fait d'être parmis les derniers est une preuve d'appartenance à une certaine ethnie : les Arabes.Par conséquent , ils l'isolent et l'insultent de ne pas être un vrai arabe, plutôt un traître de sa propre culture.

Omar, par contre, se sent déchiré entre la culture arabe et la culture française car les Français le considèrent comme un Arabe et les Algériens voient en lui un Français.

Même Hacène, son cousin et meilleur ami en même temps avec lequel Omar partageait tous ses secrets et son temps ne le comprend plus. Il devient de plus en plus jaloux et se détourne de lui.

Tous les conflits s'intensifient et éclatent le jour, où la police vient au Chaâba pour mettre fin au travail de Said, le père de Hacène, qui entretient une boucherie clandestine pour gagner sa vie. Bouzid, qui a toujours prévu cette catastrophe et qui n'a jamais cessé à mettre son frère Said en garde contre les conséquences, l'expulse du Chaâba avec toute sa famille.

Dès ce jour, rien n'est comme avant : les gens se disputent et peu à peu, toutes les familles quittent le Chaâba pour s'installer dans les cités lyonnaises. Malgré la répugnance de Bouzid pour un tel déménagement, la famille d'Azouz est la dernière à s'en aller.

Fidèle reconstitution d'une époque peu connue de l'histoire de l'immigration (avant l'importante construction d'immeubles sociaux), Le Gone du Chaâba fait découvrir un univers étonnant : dur pour les conditions de vie, mais aussi extrêmement chaleureux. Le film mêle ainsi subtilement, humour, émotion et de grandes qualités documentaires. Il constitue un support idéal à de nombreuses discussions et activités autour de l'immigration et des Droits de l'Homme.

Le livre 

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L'auteur, Azouz Begag, à travers les yeux d'un petit garçon décrit la vie quotidienne de quelques familles d'origine algérienne dans un bidonville de Lyon. La pauvreté, la vie dans des conditions pénibles, les chicanes, le racisme, le désoeuvrement, les petits emplois de misère, le tribalisme ou les valeurs ancestrales tissent la trame de ce roman qui a gagné quelques prix et qui fut porté à l'écran.

On verra comment le petit Azouz voudra s'en sortir par la réussite scolaire et comment il fut harcelé à cause de son désir. Une chance qu'un professeur compréhensif lui redonnera sa fierté et lui permettra de découvrir ses origines algériennes.
Un cri contre le racisme et l'intolérance.

 

Du livre au film

 http://www.ac-nice.fr/lettres/index.php?option=com_content&view=article&id=37:le-gone-du-chaaba&catid=29:cinema-au-college&Itemid=45

 

L'auteur

Azouz Begag (né le 5 février 1957 à Lyon, Rhône) est un homme politique, écrivain et chercheur français en économie et sociologie. Il est chargé de recherche du CNRS à l'université Paris-IV.

Il a été ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances du 2 juin 2005 au 5 avril 2007 dans le gouvernement Dominique de Villepin, fonction qu'il quitte afin de prendre une part active dans la campagne présidentielle de François Bayrou.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Azouz_Begag

 

Rédigé par memoiresdeprof.over-blog.com

Publié dans #Cinéma

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